Histoire

Arabe bédouin: Banou Hilal, Banou Soulaym, Banou Macqil (XIe-XVème)

Les dirigeants fatimides qui contrôlaient Ifriqiya depuis le début du Xe siècle ont transféré leur centre politique vers l’est jusqu’à la vallée du Nil dans les années 960, confiant à un groupe vassal berbère, les Zirides, l’administration de l’Ifriqiya. En un siècle, cependant, les Zirides s’étaient eux-mêmes proclamés souverains indépendants. L’attention des Fatimides s’est alors concentrée sur la tâche de consolider leur position dans la Méditerranée orientale, mais ils n’étaient pas disposés à ignorer la défiance dont faisaient preuve les Zirides. En représailles, ils ont mis en branle un processus qui a puni ces subordonnés déloyaux et a corrigé en même temps un problème, à leurs yeux, récurrent en Égypte. Les tribus bédouines qui avaient immigré à travers la mer Rouge jusqu’à la Haute-Égypte tandis que l’Islam s’étendait à l’extérieur de la péninsule arabique n’allaient pas tarder à s’étendre plus à l’ouest jusqu’à la Libye.Près d’un quart de million de ces tribus nomades arabes du Banou Hilal, Banou Soulaym, et Banou Ma’qil  quittèrent la vallée du Nil et migrèrent vers l’ouest poussées par les Fatimides qui voulaient se venger de la témérité des Zirides et se débarrasser également de sujets qu’ils jugeaient gênants. Les Banou Soulaym se réinstallèrent en Cyrénaïque et dans la Tripolitaine, mais les Banou Hilal et Banou Ma’qil poussèrent plus loin vers l’ouest.

François Lauret, « Les Nomades », Coll. Particulière

François Lauret, « Les Nomades », Coll. Particulière

Comme les nomades se déversaient dans l’Ifriqiya, les Zirides ont d’abord essayé de les intégrer dans l’armée, dans l’espoir de les utiliser pour réprimer les troubles déclenchés par la détérioration économique dans les zones rurales. Certains Banou Hilal acceptèrent l’offre d’unir leurs forces avec les Zirides, mais beaucoup refusèrent cette alliance. Comme ces tribus avaient envahi les plaines et les steppes de la province, les Zirides ont été obligés de monter une défense de leurs terres les plus précieuses. Dans une bataille rangée à Haidaran, au nord-ouest de Kairouan, en 1052, les Bédouins mirent en déroute les forces ziride vers 1057 en prenant Kairouan. Puis, la coalition Hilaliens-banou Soulaym Zoughba décapite le chef Abou Soda de l’armée berbère composée des Ifrenides en 1058. Les Berbères s’enfuirent et livrèrent le pays aux Hilaliens. Dans les décennies qui ont suivi, de nombreux cheikhs bédouins se sont taillé des enclaves qu’ils étaient en mesure de gouverner et qui restaient indépendant de toute influence berbère.